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lundi 29 mars 2021

Prolongation du couvre-feu et autres restrictions pour 2 semaines supplémentaire

Le gouvernement a décidé de prolonger pour deux semaines supplémentaires à compter de ce mardi 30 mars à 21h, le couvre-feu national et autres restrictions annoncées le 13 janvier, informe un communiqué.

Prolongation du couvre-feu et autres restrictions pour 2 semaines supplémentaires

Ces mesures sont, pour rappel:

- Un couvre-feu instauré sur tout le territoire national de 21H à 06H du matin, sauf circonstances exceptionnelles..

- La fermeture des restaurants, des cafés, des commerces et des grandes surfaces tous les jours à 20H.

- L'interdiction des fêtes et des regroupements.

Toutes les autres restrictions précédemment édictées restent en vigueur.

Cette décision, précise le communiqué du gouvernement, intervient sur la base des recommandations de la commission scientifique et technique concernant la nécessité de maintenir les mesures nécessaires pour lutter contre la Covid-19, notamment après l'apparition de nouvelles variantes du virus dans des pays voisins. Elle s'inscrit également dans le cadre des efforts continus pour contrer la propagation de l'épidémie et limiter ses répercussions négatives.

https://www.medias24.com

mercredi 26 août 2020

25 semaines de COVID-19 au Maroc : suite de la facture de l’impact négatif de la célébration normale de Aïd El Adha


EcoActu

Comme d’habitude, les données collectées durant cette semaine permettent de présenter de nouvelles simulations et prévisions pour les prochaines semaines. Les chiffres récents de la “troisième vague” nous forcent, encore une fois, aussi à corriger les simulations de la fin de la semaine dernière. Les chiffres actuels semblent montrer, pour l’instant du moins, que nous soyons, toujours et encore, en période de pointe de cette “troisième vague” de contamination.

Les achats et les retrouvailles de l’Aïd ont bel et bien dégradé sinon créé cette “troisième vague” de l’épidémie. La concentration des cas sur les cinq Régions les plus contaminées diminue régulièrement depuis Aïd Al Adha en touchant maintenant de plus en plus de Régions et / ou Provinces qui n’étaient peu infectées. La concentration géographique se prête mieux à une isolation relative des zones contaminées mais il y a aussi une augmentation du nombre de contaminés qui pose des problèmes de saturation locale de ressources opérationnelles de réanimation comme nous avons pu le voir à Marrakech.

Toutes les données ont été quotidiennement mises à jour auprès du site du Ministère de la Santé du Maroc.

TESTS COVID-19

Il s’agit ici de tests dits “PCR”. Depuis dix semaines maintenant, le Maroc teste beaucoup plus que les cas “fortement suspects“. Ceci dit, même la définition des cas “fortement suspects” avait changé depuis la semaine du 18/05 puisqu’on a pu quasiment y doubler le nombre de tests hebdomadaires. Maintenant, on pratique aussi des “tests d’anticipation” qui se font dans les milieux professionnels en plus des “tests précoces” pour les personnes suspectes, qu’elles soient des malades symptomatiques ou des contacts des personnes contaminées (c’est parmi ces contacts qu’on détecte la quasi-totalité des cas des trois dernières semaines).

L’évolution des tests réalisés chaque semaine (bleu clair) ainsi que celle de leur total (bleu roi) sont montrées en Figure 1 (l’échelle du graphique de droite est logarithmique de sorte que chaque carreau représente une multiplication par dix). De début juin à début juillet, le nombre de nouveaux tests hebdomadaires se tenait entre 100 et 120’000 par semaine mais la cadence s’est accélérée depuis début août à un peu plus de 150’000 par semaine en atteignant un total atteignant 1’758’570 le 23/08 représentant un peu moins de 5% de la population.

A la cadence actuelle, l’objectif annoncé par le Directeur de l’Epidémiologie au Ministère de la Santé et visant à atteindre 1,8 millions de tests serait sans doute dépassé dès fin Août 2020 (voir graphique de droite de la Figure 1). Nous saluons de nouveau les performances hebdomadaires réalisées qui représentent un réel effort de la part de tous les acteurs qui permettent d’identifier, parfois d’appréhender, de prélever et de tester les personnes concernées.

EcoActu

Figure 1 Evolution réelle et simulation journalière (gauche) et hebdomadaire (droite) du nombre de tests

Selon un entretien avec le Ministre des Affaires Etrangères, les limites objectives des capacités de test du Maroc entre 23 et 24’000 quotidiens (161 à 168’000 hebdomadaires) seraient l’une des causes à l’origine de la fermeture des frontières et de l’exigence du test préalable avant d’entrer au Maroc. Devant l’insuffisance de cette capacité de test face à l’explosion du nombre de cas, le Ministère de la Santé a décidé de mettre en place un test sérologique pour que le test PCR soit réalisé. Dès lors que cette mesure sera opérationnelle, elle aura sans doute pour effet d’augmenter le taux de positivité au test PCR.

VISION GLOBALE DE LA SITUATION

Résultats des tests COVID-19

Le graphique de gauche de la Figure 2 montre l’évolution du nombre de tests et de leurs résultats alors que le graphique de droite en montre la structure. La courbe bleue se rapportant à l’échelle de droite du graphique de droite montre l’évolution de la part de la population marocaine testée qui dépasse 4.9% ce dimanche 23/08. Plus on teste, plus on peut isoler de porteurs susceptibles de contaminer leurs contacts et plus on a eu de cas contaminés moins le virus pourra se propager puisque, semble-t-il, une première contamination immunise pendant au moins six mois. Toutefois, l’immunité grégaire ou collective nécessite qu’une grande part de la population ait été contaminée ou vaccinée, au moins 70% selon l’Institut Pasteur.

  EcoActu

Figure 2 Evolution du nombre de tests et de leurs résultats

Segmentation des testés positifs

Le graphique de gauche de la Figure 3 montre l’évolution historique et les prévisions du nombre de porteurs de COVID-19 et de leur segmentation en décès, rétablis et actifs (en cours de soin) alors que le graphique de droite montre l’évolution de la segmentation des ces testés positifs. La courbe blanche du graphique de droite montre aussi l’évolution du pourcentage des tests positifs (échelle de droite), nous reviendrons à celle-ci dans les prévisions plus bas.

EcoActu

Figure 3 Evolution historique et prospective à court terme des testés positifs et de leur devenir

Dans les graphiques de la Figure 3, les “trois vagues” sont parfaitement visibles en couleur orange et cette “troisième vague” est évidente sans même la queue décroissante de nos prévisions.

ACTUALITE DES CHIFFRES DE LA SEMAINE MIS DANS LEUR CONTEXTE

Résumé à l’échelle Nationale

La Figure 4 montre l’évolution hebdomadaire du nombre de tests positifs, de décès de personnes infectées, de patients rétablis et des cas actifs en soin (les nouveaux dans le graphique de gauche et leur cumul à droite).

EcoActu

Figure 4 Evolution hebdomadaire des testés positifs et de leur devenir (nouveaux cas à gauche et cumul leur à droite)

Cumulant 52’349, il se confirme 9’860 nouveaux cas face aux 9’252 de la semaine précédente. Le nombre de cas actifs atteint le nouveau record de 15’118, et même s’il a augmenté plus lentement (+2’631) que la semaine précédente (+3’095), son augmentation, en elle-même, pose problème puisqu’elle force la pression sur les soignants et leurs infrastructures. Même si une très large majorité est asymptomatique et ne nécessite qu’un isolement sans hospitalisation, même si seul un cas sur sept est “grave” (voir plus bas) et même si la capacité du Maroc en lits dédiés n’a jamais été saturée, les 200 réanimateurs du public ne permettraient de servir que 400 lits de réanimation qui, compte tenu de la répartition territoriale, saturent les ressources des villes à pic épidémiologique selon le Dr. Jamal Eddine Kohen, Président de la FNAR.

Il est à craindre maintenant que certains médecins aient déjà été mis devant le difficile choix de priorité des patients en “état grave” à mettre en soins intensifs (166 ce dimanche 23/08). Le même médecin a même ajouté que si l’on pouvait additionner les structures de la CNSS, les privées et les militaires, le Maroc pourrait atteindre une capacité fonctionnelle de 700 lits de réanimation.

La Figure 5 montre quelques pourcentages qui méritent commentaire.

EcoActu

Figure 5 Evolution hebdomadaire et journalière de quelques pourcentages intéressants

Le graphique de droite de la Figure 5 montre qu’en correspondance avec la stabilisation du taux des cas actifs d’un peu plus de 30% durant les deux dernières semaines (cercles oranges), il y a stabilisation du pourcentage des rétablis autour d’un peu moins de 70% (triangles violets). Le 3 maximums de la courbe du pourcentage des cas actifs du graphique de droite de la Figure 5 (cercles orange), auxquels correspondent les minimums pourcentages des cas rétablis confirment eux aussi l’existence des “trois vagues”.

Au stade actuel, la Figure 5 combinée aux autres informations enseignent les choses suivantes :

  • Les statistiques actuelles indiquent que les porteurs de COVID-19 du Maroc ont 1.70% de chance d’en mourir, en moyenne et abstraction faite de toute faiblesse qui causerait une aggravation de ce risque. Après avoir décru depuis le 12 avril, ce taux de décès de tous les testés positifs a augmenté de 1,50 (le dimanche 02 août) à 1,70% ce dimanche 23. La létalité, qui reste faible au Maroc, est sans doute due au succès des protocoles de soin adoptés au Maroc mais encore faut-il qu’elle n’augmente pas significativement.
  • Dès lors qu’il y a suffisamment de critères que les protocoles hospitaliers ou les accords de test considèrent un individu comme étant “à tester” (pour entourage ou pour symptômes), il y a :
    • environ 2.98% de chance d’être porteur de COVID-19, chiffre qui lui aussi remonte légèrement après s’être stabilisé mais son évolution devrait de nouveau décroître plus tard,
    • environ 0.050 % de chance d’en mourir, après avoir baissé depuis la première semaine d’avril, ce chiffre a commencé à remonter de 0.027% depuis la semaine du 20-26/07.

Nombre de cas graves

Le graphique de gauche de la Figure 6 montre l’évolution récente du nombre de cas graves ainsi que celle des cas actifs alors que le graphique de droite montre le pourcentage des cas graves parmi les actifs du jour ainsi que le pourcentage donné par le nombre de décès rapportés aux cas graves de la veille.

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Figure 6 Cas graves et cas actifs à gauche – Taux de gravité parmi les actifs et décès parmi les cas graves à droite

Ainsi donc, il y aurait environ :

  • un cas grave parmi 70 cas actifs,
  • un décès le lendemain parmi 7 cas graves d’une journée donnée.

En partant des cas actifs prévus, ces valeurs permettent de croiser les simulations futures des décès.

Répartition à l’échelle Régionale

Le graphique de gauche de la Figure 7 montre la carte de répartition géographique des cas sur les différentes Régions du Maroc alors que le graphique de droite montre leur classement en termes de contamination (échelle logarithmique). Les couleurs des points de la carte indiquent le nombre de cas par million d’habitants alors que les chiffres entre parenthèses y indiquent les nouveaux cas hebdomadaires.

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Figure 7 Répartition régionale (gauche) et classement (droite) des cas positifs au COVID-19 au Maroc

Alors que le graphique de droite montre un classement des Régions par le nombre total de contaminations.

Le graphique de gauche de la Figure 8 montre l’évolution dans le temps des cas positifs dans les différentes Régions alors que le graphique de droite montre l’évolution du pourcentage représenté par chaque Région.

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Figure 8 Evolution du nombre de cas par Région (gauche) et de celle de sa structure (droite)

Le graphique de gauche de la Figure 8 montre qu’en fait le nombre de positifs de plusieurs Régions a connu des “sauts” dus à la découverte de foyers épidémiques : Darâa-Tafilalet aux 20-26 avril, Guelmim-Oued Noun aux 22-26 avril, Rabat-Salé-Kénitra aux 03-13 mai et 18-20 juin, Laâyoune-Sakia El Hamra les 20-26 juin, Tanger-Assila les 23-26 juin. Même si certains ont influencé significativement le taux de positivité national, le saut du nombre de contaminations le plus spectaculaire a été celui Laâyoune-Sakia El Hamra.

Il semble que les “méga-foyers” professionnels de la “deuxième vague” soient circonscrits puisque 85% des cas des trois dernières proviennent maintenant des contacts des contaminés et non des dépistages d’anticipation en entreprise (à moins que l’on n’ait plus les capacités de faire les deux). Rien n’indique encore que nous soyons à l’abri compte tenu de la durée d’incubation du virus et de la difficulté à identifier les personnes qui auraient pu être infectées par les personnes détectées ces derniers jours. Identifier et tester les contacts de quelques dizaines de contaminés par jour est une chose alors que le faire pour un millier nécessite des ressources décuplées : on ne sait pas si on les a.

Le graphique de droite de la Figure 8 montre que depuis début mai, cinq des Régions concentrent une large majorité des cas positifs : Casablanca-Settat, Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, Fès-Meknès Marrakech-Safi, Rabat-Salé-Kénitra. Si la concentration géographique des contaminés pose des problèmes, elle se prête mieux à une l’isolation des zones contaminées. Le pourcentage de concentration dans les cinq Régions les plus contaminées décroît car de nombreuses Régions “tranquilles” se sont “réveillées” depuis la fin de Juillet 2020.

EcoActu

La baisse de la concentration des cas semble indiquer qu’en plus des dégâts collatéraux qu’il a créé, le reclassement en zone rouge, à la veille de Aïd El Adha, des 8 Provinces les plus contaminées n’aura pas suffi à protéger les Provinces les plus rurales. Il s’avère donc que non seulement on aurait dû faire les choses autrement mais surtout qu’on aurait sans doute dû interdire la célébration de Aïd El Adha, comme on a provisoirement interdit la prière collective du vendredi. Certes, l’indiscipline des marocains a un fort impact sur l’évolution de la situation mais, en cédant au lobby des grands éleveurs de bétail, le gouvernement a semble-t-il sous-estimé le prix que payerait le pays et en cela, perdu le sens des priorités.

DETAILS DES SIMULATIONS ET PREVISIONS A COURT TERME

Bref résumé des hypothèses et conditions de simulation

Jugeant déraisonnable de simuler directement le nombre de cas positifs dès lors que la cadence des tests avait augmenté trop vite, nous avons modifié graduellement la méthode de prévision. Nous avons d’abord remplacé les “fonctions de Gauss” initialement utilisées par des “fonctions Gamma” qui permettent de mieux traiter des cinétiques différentes en montée et en descente de l’infection. Ensuite, nous les avons appliquées au taux de positivité quotidien (pourcentage des tests positifs) et non plus directement au nombre de cas positifs. Puis nous les avons progressivement appliquées à chacune des “trois vagues” subies par le Maroc.

En effet, à peine étions-nous heureux de la stabilisation  de la “première vague” durant la première semaine de juin, que nous avons vu arriver la “deuxième vague” due aux divers foyers professionnels découverts à Lalla Maymouna, Tanger, Casablanca, Safi et ailleurs. Celle-ci ne s’était même pas encore calmée que nous avons vu arriver la “troisième vague” dans l’énorme réservoir des contacts de contaminés qui s’était alors trouvé gonflé au maximum pendant que l’on testait intensément en entreprise. Chacune de ces “trois vagues” a été décrite par une fonction “fonction Gamma” séparée. Ayant adopté 3 “fonctions Gamma” pour les taux de positivité, il a fallu aussi considérer 3 “fonctions Gamma” pour décrire les décès ainsi que 3 “fonctions de Gauss” pour décrire les rétablissements. Le nombre de cas actifs étant déduit par calcul de ces derniers (positifs – décès – rétablis).

Dans les prochaines semaines, il devra être possible de visualiser l’impact de la rentrée scolaire et universitaire.

Taux de positivité

La simulation du taux de positivité par les trois “fonctions Gamma” (courbe rouge) est confrontée aux valeurs réelles (diamants rouges) dans la Figure 9 qui révèle l’aspect journalier (à gauche) et l’aspect hebdomadaire (à droite) de cette confrontation. Les carrés bleus du graphique de gauche montrent le taux de positivité global alors que la courbe bleue en montre la simulation.

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Figure 9 Taux de positivité : Quotidien à gauche – Hebdomadaire à droite

Dans les graphiques ci-dessus, les “trois vagues” sont, ici aussi, parfaitement visibles. La représentation logarithmique permet de voir que la méthode de simulation adoptée est aussi satisfaisante aux grandes valeurs (entre 20 et 30%), qui prévalaient au début de l’épidémie, qu’aux très faibles valeurs de taux de positivité (inférieures à 1%), qui ont été relevées depuis l’accélération de la cadence de test. Dans le graphique de droite, le traitement hebdomadaire permet de lisser les oscillations journalières et de mieux apprécier la qualité de la méthode de simulation durant chacune des “trois vagues”.

Pour l’instant, le taux de positivité semble stationner autour de 6% et nos estimations de cette semaine montrent qu’il devrait amorcer une lente décroissance si les conditions actuelles sont maintenues.

Révisant toutes nos dernières prévisions, nos nouvelles estimations d’évolution de la courbe bleue dans le graphique de droite de la Figure 5 montre qu’elle devrait converger vers 2.4% si le nombre de tests est extrapolé à l’infini, ce qui indique que, d’ici là, près de 850’000 habitants auront été contaminés, testés ou non, symptomatiques ou pas.

Nombre de contaminations

Déduit du taux de positivité de la Figure 9 et du nombre de tests de la Figure 1, le calcul du nombre de contaminés (courbe rouge) est confronté aux valeurs réelles (diamants rouges) dans la Figure 10 qui révèle l’aspect journalier (à gauche) et l’aspect hebdomadaire (à droite) de cette confrontation. Les carrés bleus du graphique de gauche montrent le nombre de contaminés cumulés alors que les courbes (bleue à gauche et à droite) en montrent les simulations.

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Figure 10 Contaminations : Quotidiennes à gauche – Hebdomadaires à droite

Dans les graphiques ci-dessus, les “trois vagues” sont, ici aussi, parfaitement visibles. Bien que le taux de positivité des “deuxième et troisième vague” soit beaucoup plus petit que celui de la “première vague” (graphique de gauche de la Figure 9), le nombre de cas engendrés par les deux vagues suivantes a largement dépassé celui de la première (graphique de gauche de la Figure 10) à cause du nombre de tests beaucoup plus important. Même si reste encore à confirmer, les données analysées nous suggèrent, pour l’instant, que nous soyons au voisinage du pic de contamination de la “troisième vague” et que la rentrée scolaire devra se dérouler avec encore quelques milliers de nouvelles contaminations par semaine.

Pour ce qui concerne les cumuls, avant la “deuxième vague”, nos espérions encore cumuler environ à 8’964 cas de contamination (7’831 selon un rapport du HCP) alors que nous en sommes déjà à 33’237 et nous serions, dans les conditions actuelles, sans doute à même de dépasser 71’000 cas à terme, ajoutant près de 62’000 cas additionnels dus à des foyers qui auraient peut-être pu être circonscrits plus tôt si on avait anticipé l’accélération de la cadence des tests et, surtout, si l’on avait interdit la célébration de Aïd El Adha.

Pour l’instant, le nombre de nouveaux contaminés semble stationner entre 9 et 10’000 par semaine et nos estimations de cette semaine montrent qu’il devrait amorcer une lente décroissance si les conditions actuelles sont maintenues.

Nombre de décès

La simulation des décès par les trois “fonctions Gamma” (courbe rouge) est confrontée aux valeurs réelles (diamants rouges) dans la Figure 11 qui révèle l’aspect journalier (à gauche) et l’aspect hebdomadaire (à droite) de cette confrontation. Les carrés bleus du graphique de gauche montrent le nombre de décès cumulé alors que les courbes (bleue à gauche et à droite) en montrent les simulations.

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Figure 11 Décès : Quotidiens à gauche – Hebdomadaires à droite

Dans les graphiques ci-dessus, les “trois vagues” sont moins nettement visibles que sur tous les autres. Pour l’instant, les données analysées suggèrent que nous soyons au voisinage du pic des décès de la “troisième vague” mais ceci est encore à confirmer.

Avant la “deuxième vague”, nos espérions encore ne pas cumuler plus de 260 décès alors que nous en sommes déjà à 659 et nous serions, dans les conditions actuelles, sans doute à même de dépasser 1’030 décès à terme, ajoutant près de 770 décès additionnels qui auraient peut-être pu être évités.

Pour l’instant, le nombre de nouveaux décès semble être à son maximum à un peu plus de 200 décès par semaine et nos estimations de cette semaine montrent qu’il devrait amorcer une lente décroissance si les conditions actuelles sont maintenues.

Nombre de rétablis

La simulation des rétablis par les trois “fonctions de Gauss” (courbe rouge) est confrontée aux valeurs réelles (diamants rouges) dans la Figure 12 qui révèle l’aspect journalier (à gauche) et l’aspect hebdomadaire (à droite) de cette confrontation. Les carrés bleus du graphique de gauche montrent le nombre de décès cumulé alors que les courbes (bleue à gauche et à droite) en montrent les simulations.

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Figure 12 Rétablis : Quotidiens à gauche – Hebdomadaires à droite

Dans les graphiques ci-dessus, les “trois vagues” sont, ici aussi, parfaitement visibles. Pour l’instant, les données analysées suggèrent que le pic des rétablis de la “troisième vague” est encore à venir mais ceci reste encore à confirmer.

Nos estimations de cette semaine montrent que le nombre de nouveaux rétablis ne semble pas encore être à son maximum qu’il atteindra dans l’une des deux prochaines semaines à environ 9’500 rétablissements par semaine avant de décroître.

Nombre de cas actifs

Le calcul des cas actifs résultant de toutes les simulations précédentes est confronté aux valeurs réelles (triangles bleus) dans la Figure 13 qui révèle l’aspect journalier (à gauche) et l’aspect hebdomadaire (à droite) de cette confrontation. Les triangles bleus du graphique de gauche montrent le nombre de cas actifs alors que les courbes (bleue à gauche et à droite) en montrent les simulations.

EcoActu

Figure 13 Cas actifs : Quotidiens à gauche (parmi eux, les cas graves sont en rouge) – Hebdomadaires à droite

Dans les graphiques ci-dessus, les “trois vagues” sont parfaitement visibles ici aussi.

Bien que cela reste encore à confirmer, les données analysées suggèrent que nous soyons au pic des cas actifs de la “troisième vague” (environ 15’000 cas actifs). Les prévisions de cette semaine montrent que, dans les conditions actuelles, le nombre de cas actifs,  graves ou non, devrait amorcer une descente dans les deux prochaines semaines.

ET POUR TERMINER…

Comment atteindre zéro infection ? – Peut-être la réponse se trouve-t-elle dans les propos du Pr. Didier Raoult qui, courbe en main, a dit : “La courbe [de contamination] est une courbe en cloche… les épidémies commencent, s’accélèrent, culminent, diminuent puis disparaissent sans qu’on sache pourquoi“. Il faut interpréter ce que ceci signifie dans la bouche de quelqu’un qui a vu plus de nombreuses courbes de contamination épidémique : “ne pas savoir pourquoi elles disparaissent” traduit l’incompatibilité entre les théories mathématiques pour qui les “courbes en cloche” finissent en diminuant progressivement sans jamais s’annuler alors que les courbes de contamination réelles subissent bien un jour une dégringolade “chaotique” à zéro puisque les épidémies par s’arrêtent dès lors que les derniers porteurs ne peuvent plus communiquer le virus à un hôte qui ne soit pas immunisé. Mais encore faut-il les conditions pour que ceci se réalise ce qui ne peut sans doute pas se faire sans immunité collective3.

Depuis notre premier rapport hebdomadaire de début avril, nous rappelons qu’“une hirondelle ne fait pas le printemps” et même les évolutions des autres pays nous enseignent que l’on peut même avoir un taux de reproduction en-dessous de l’unité tout en ayant encore des centaines ou même des milliers de nouveaux cas par jour qui pourraient faire repartir l’épidémie en cas de relâchement. Même si les taux de positivité sont sans doute suffisamment bas pour, à mon humble avis, reprendre sérieusement l’activité économique et laisser les gens retourner gagner leur vie le plus normalement possible, il est nécessaire de faire ce qu’il faut pour “vivre avec ce virus”.

Il faut aussi montrer un minimum de visibilité aux entrepreneurs pour permettre aux gens de gagner leur vie ! La vie humaine n’a certes pas de prix, mais elle a un coût dont les composantes humaines deviennent de moins en moins supportables ! Espérons aussi que toute la lumière sera faite sur les affaires de “méga-clusters” du Gharb et de Safi et que tous les responsables seront jugés et sévèrement punis au moins pour mise en danger volontaire de la vie d’autrui.

L’enquête qui été confiée à la Direction Centrale de la Gendarmerie Royale a déjà abouti à des mises en examen et il faudrait mettre les mis en cause en détention préventive ou au moins faire une saisie conservatoire de leur biens pour les empêcher de les “liquider” et se mettre préventivement en situation d’insolvabilité. Il faut aussi que les victimes et leurs familles se portent partie civiles afin d’être indemnisées au détriment des responsables.

Doit-on rappeler qu’on peut être porteur asymptomatique du COVID-19 (sans aucun symptôme) et le transmettre à toutes les personnes approchées sans précautions, or, à l’instar de beaucoup d’autres pays, le Maroc n’a aucune connaissance du nombre réel de personnes infectées.

Les bons chiffres de premières semaines n’étaient là que parce le confinement avait fortement ralenti la transmission du virus mais il semble maintenant trop tard pour en espérer autre chose qu’un ralentissement de l’épidémie pour éviter une surcharge des structures de soin et les décès additionnels qui s’ensuivraient. Les chercheurs nous répètent que la peau de ce virus est faite d’une huile qui est diluée par les savons, qu’il se transmet à la bouche, au nez et aux yeux par la salive ou les postillons qui, sans projection (toux), se projettent à moins d’un mètre tout en sachant qu’il ne dure pas plus de quelques heures sur une surface inerte. En comprenant bien ceci, on saura ce qu’il reste à faire si l’on veut éviter de s’exposer et surtout exposer les autres au risque de contamination. Maintenant, “sortir du hammam (du confinement) n’est pas aussi simple que d’y rentrer” dit le dicton marocain et on cherche encore un moyen de nous en sortir puisque le proverbe ne dit pas que c’est impossible !

  • Mais pourquoi n’a-t-on pas accéléré les tests quelques semaines plus tôt ?
  • Pourquoi a-t-on pris des décisions qui ont précipité une partie de la population vers un risque accru d’accident sur des routes surchargées ?
  • Après avoir interdit la prière collective du vendredi (qui est pourtant “Fard”), pourquoi n’a-t-on pas d’interdit la célébration de Aïd El Adha (qui n’est que “Sounna“) qui comportait un double risque de création de foyers d’infection (les contacts dans des marchés aux bestiaux incontrôlables suivis des regroupements familiaux élargis) ?
  • Eu égard aux évènements des dernières semaines, notamment les actions maladroites du gouvernement face à une population très indisciplinée, peut-on encore parler “d’exemplarité” du Maroc ?

 https://www.ecoactu.ma

lundi 3 août 2020

22 semaines de COVID-19 au Maroc : une “3ème vague” a chevauché la 2ème et le Maroc semble de plus en plus divisé en deux


covid

Comme d’habitude, les données collectées durant cette semaine permettent de présenter de nouvelles simulations et prévisions pour les prochaines semaines. Les chiffres des dernières semaines nous forcent à corriger même les simulations de la fin de la semaine dernière puisque non seulement ils confortent la “deuxième vague” mais en font aussi apparaître une “troisième vague”.

Il faut espérer que les retrouvailles de l’Aïd ne viennent pas dégrader les règles du jeu actuelles qui ne sont déjà pas bonnes du tout. Il n’empêche qu’identifier et tester les contacts de quelques dizaines de contaminés par jour est une chose alors que le faire pour ceux de centaines nécessite des ressources décuplées : on ne nous a pas encore dit pas si on les a ou si l’on fait simplement attendre les intéressés.

Quatre des 12 Régions cumulent 89.3% des nouveaux cas de la dernière dizaine de jours et si cette concentration géographique des contaminés pose quelques problèmes elle se prête mieux à une isolation relative des zones contaminées. Si ceci explique tout à fait qu’on ait décidé du classement en zone rouge des 8 Provinces les plus peuplées et contaminées de ces 4 Régions, cela ne justifie pas du tout la méthode adoptée.

En effet, avec les victimes engendrées par la précipitation, cette affaire montre bien comment une bonne décision mise en œuvre à la hâte et sans explication peut mener à des “dégâts collatéraux” pires que ceux que l’on souhaitait éviter. Il faudra bien qu’un jour, on nous explique pourquoi on a interdit, avec effet immédiat, les déplacements de et vers telle ou telle ville sans même expliquer ce qui était entendu par cette interdiction qu’on a dû modérer dès le lendemain. Certes, l’Etat d’Urgence Sanitaire donne à l’exécutif le Droit de faire ce qui a été fait mais il n’interdit pas du tout de réfléchir avant d’agir. Je crains qu’après avoir donné l’exemple du sérieux, nous n’ayons donné l’exemple du ridicule.

Toutes les données ont été quotidiennement mises à jour auprès du site du Ministère de la Santé du Maroc.

LES TESTS ET LEURS RESULTATS

Détails de l’actualité des tests

Depuis début juin, le Maroc teste beaucoup plus que les “personnes suspectes”. Maintenant, on parle de “tests d’anticipation” qui se font dans les milieux professionnels et qui s’ajoutent aux “tests précoces” pour les “personnes suspectes” qu’ils soient parmi les rares symptomatiques ou parmi les contacts des personnes contaminées (c’est d’ailleurs parmi ces contacts qu’on détecte la quasi-totalité des cas de la dernière dizaine de jours).

Ceci dit, même la définition des cas “personnes suspectes” avait changé depuis la semaine du 18/05 puisqu’on a pu quasiment y doubler le nombre de tests hebdomadaires. L’évolution des tests réalisés chaque semaine (bleu clair) ainsi que celle de leur total (bleu roi) sont montrées en Figure 1 (l’échelle est logarithmique de sorte que chaque carreau représente une multiplication par dix). De début juin à début juillet, le nombre de nouveaux tests hebdomadaires se tenait entre 100 et 120’000 par semaine mais la cadence s’est accélérée depuis le 13/07 à entre 130 et 150’000 par semaine en atteignant un total atteignant 1’295’194 le 02/08 représentant 3,6% de la population comme nous le verrons plus bas.

A la cadence actuelle, l’objectif annoncé par le Directeur de l’Epidémiologie au Ministère de la Santé et visant à atteindre 1,8 millions de tests serait sans doute réalisé vers fin Août 2020, 5% de la population aura alors été testée. Selon un entretien avec le Ministre des Affaires Etrangères, les limites objectives des capacités de test du Maroc autour de 23 à 24’000 seraient d’ailleurs à l’origine de la fermeture des frontières et de l’exigence du test préalable avant d’entrer au Maroc. Nous saluons de nouveau les performances hebdomadaires réalisées qui représentent un réel effort de la part de tous les acteurs qui permettent d’identifier, parfois d’appréhender, de prélever et de tester les personnes concernées.

EcoActu

Figure 1 Evolution hebdomadaire du nombre de tests

Le graphique de gauche de la Figure 2 montre l’évolution du nombre de tests et de leurs résultats alors que le graphique de droite en montre la structure. La courbe bleue se rapportant à l’échelle de droite du graphique de droite montre l’évolution de la part de la population marocaine testée qui dépasse légèrement 3.6% ce dimanche 02/08. Nous n’adhérons pas du tout au principe de l’autruche qui consisterait à “faire moins de tests pour faire baisser le nombre de cas” (D. Trump), bien au contraire, plus on testera, plus on isolera de porteurs susceptibles de contaminer leurs contacts.

  EcoActu

Figure 2 Evolution du nombre de tests et de leurs résultats

Le graphique de gauche de la Figure 3 montre la carte de répartition géographique des cas sur les différentes Régions du Maroc alors que le graphique de droite montre leur classement en termes de contamination. Les couleurs des points de la carte indiquent le nombre de cas par million d’habitants alors que les chiffres entre parenthèses y indiquent les nouveaux cas hebdomadaires.

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Figure 3 Répartition régionale (gauche) et classement (droite) des cas positifs au COVID-19 au Maroc

Alors que le graphique de droite montre un classement des Régions par le nombre total de contaminations, le graphique inséré dans la carte de gauche de la Figure 3 montre le classement de l’impact de ces contaminations sur les différentes Régions du Maroc. La population 2020 de chacune des 12 Régions du Maroc a été prise dans un document du HCP se basant sur une prévision au départ des données du recensement de 2014.

La semaine du 27/07 au 02/08, les Régions où le nombre de cas s’est accru substantiellement sont : Tanger-Tetouan-Al Hoceïma, Casablanca-Settat, Fès-Meknes et Marrakech-Safi. Le Maroc semble coupé en deux puisque ces 4 dernières Régions cumulent 89.9% des contaminations de la dernière dizaine de jours, chiffre qui et est sans doute à l’origine du reclassement en zone rouge, à la veille de Aïd El Adha, des 8 Provinces les plus peuplées et contaminées de ces quatre Régions : Tanger, Tetouan, Casablanca, Settat, Berrechid, Fes, Meknes et Marrakech. En chiffres cumulés, celles-ci se trouvent aussi être dans des Régions impactées à plus de 700 cas par million d’habitants. En cette veille de fêtes, une explication aurait rendu la décision plus acceptable par la population mais alors pourquoi s’est-on contenté d’une circulaire courte et brutale qui a causé la précipitation et le dégâts que l’on sait ?

Par ailleurs une amélioration semble progressivement “venir du Sud” puisque les Régions au Sud de Casablanca ont vu leur situation tendre à se stabiliser légèrement ces derniers jours… mais ceci reste à confirmer !

Le graphique de gauche de la Figure 4 montre l’évolution dans le temps des cas positifs dans les différentes Régions alors que le graphique de droite montre l’évolution du pourcentage de chaque Région.

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Figure 4 Evolution du nombre de cas par Région (gauche) et de celle de sa structure (droite)

Le graphique de gauche de la Figure 4 montre qu’en fait le nombre de positifs de plusieurs Régions a connu des “sauts” dus à la découverte de foyers épidémiques : Darâa-Tafilalet aux 20-26 avril, Guelmim-Oued Noun aux 22-26 avril, Rabat-Salé-Kénitra aux 03-13 mai et 18-20 juin, Laâyoune-Sakia El Hamra les 20-26 juin, Tanger-Assila les 23-26 juin. Il est vrai que certains ont influencé significativement le taux de positivité national, même si le saut du nombre de contaminations le plus spectaculaire a été celui Laâyoune-Sakia El Hamra. Les “méga-foyers” de cette “deuxième vague” semblent être, eux-mêmes, significativement circonscrits puisque 87% des derniers cas proviennent maintenant des contacts des contaminés et non des dépistages précoces en entreprise. Rien n’indique encore que nous soyons à l’abri compte tenu de la durée d’incubation du virus et de la difficulté à identifier les personnes qui auraient pu être infectées par le grand nombre de personnes détectées ces derniers jours. Identifier et tester les contacts de quelques dizaines de contaminés par jour est une chose alors que le faire pour des centaines nécessite des ressources décuplées : on ne sait pas si on les a.

Le graphique de droite de la Figure 4 montre qu’en début Août 2020, cinq Régions concentrent la quasi-totalité (88%) des cas positifs : Casablanca-Settat, Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, Fès-Meknès, Marrakech-Safi et Rabat-Salé-Kénitra. Quant aux Régions de Darâa-Tafilalet, Souss-Massa, l’Oriental et Dakhla-Oued Ed-Dahab, elles n’ont déclaré que quelques rares cas parfaitement isolés. Ainsi donc, l’essentiel de ce qui se produit actuellement au Maroc se joue dans les Régions de Casablanca, Tanger, Fès, Marrakech et Rabat.

Simulations et prévisions avec maintien des conditions actuelles

Jugeant déraisonnable de simuler directement le nombre de cas positifs dès lors que la cadence des tests avait augmenté aussi vite qu’indiqué par la Figure 1, nous avons indiqué avoir changé la méthode de prévision dans le rapport de la quinzième semaine. Ainsi, nous avions appliqué la “fonction Gamma” (qui permet de traiter des cinétiques différentes en montée et en descente de l’infection) au taux de positivité quotidien, c’est-à-dire au pourcentage des tests ayant donné un résultat positif, et non plus directement au nombre de cas positifs. Au début, nous ne l’avions adoptée que pour la “première vague”3 mais nous avons ajouté une deuxième “fonction Gamma” pour décrire la “deuxième vague” puis, ici, une troisième “fonction Gamma” pour décrire la “troisième vague”.

En effet, à peine nous réjouissions-nous de la réduction de la “première vague” durant la première semaine de juin, que nous avons vu arriver la “deuxième vague” due aux divers foyers professionnels découverts à Lalla Maymouna, Tanger, Casablanca et Safi.  Cette “deuxième vague” n’avait même pas fini de se calmer que nous avons vu arriver la “troisième vague” puisée dans l’énorme réservoir des personnes-contact qui s’est alors trouvé gonflé au maximum (en tous cas espérons-le). Chacune de ces “trois vagues” doit être décrite par une fonction mathématique séparée et se manifeste par des inflexions de l’évolution des courbes de positivité (Figure 5) ou de contamination (Figure 6).

La simulation du taux de positivité par les trois “fonctions Gamma” (courbe rouge) est confrontée aux valeurs réelles (diamants rouges) dans la Figure 3 qui révèle les aspects journalier (à gauche) et hebdomadaire (à droite) de cette confrontation. Les carrés bleus du graphique de gauche montrent le taux de positivité global alors que la courbe bleue en montre la simulation.

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Figure 5 Taux de positivité réel et simulé : Journalier (graphique de gauche) et hebdomadaire (graphique de droite)

La représentation logarithmique permet de voir que la méthode de simulation adoptée était aussi satisfaisante aux grandes valeurs (entre 20 et 30%), qui prévalaient au début de l’épidémie, qu’aux très faibles valeurs de taux de positivité (inférieures à 1%), qui ont été relevées depuis l’accélération de la cadence de test entre 25 mai et le 13 juin. Dans le graphique de droite, le traitement hebdomadaire permet de lisser les oscillations journalières et de mieux apprécier la qualité de la méthode de simulation.

Les taux de positivité de la Figure 3 et le nombre de tests de la Figure 2 permettent de calculer les contaminations montrées dans la Figure 6.

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Figure 6 Contaminations : Journalières (graphique de gauche) et hebdomadaire (graphique de droite)

Les graphiques de la Figure 6 qui confirment clairement l’existence des “trois vagues” encore plus clairement que la positivité du graphique de droite de la Figure 3.

Suite à l’ajout de “fonctions Gamma” au taux de positivité, il a fallu aussi ajouter une 2ème “fonction Gamma” pour décrire les décès ainsi qu’une 2ème “fonction de Gauss” pour décrire les rétablissements. La Figure 4 et la Figure 5 permettent de voir l’accord satisfaisant entre les valeurs simulées et les valeurs réelles connues des contaminations et des décès.

Les évolutions journalières et hebdomadaires des décès sont montrées dans la Figure 7.

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Figure 7 Décès : Journalier (graphique de gauche) et hebdomadaire (graphique de droite)

Aujourd’hui, l’extrapolation des simulations mèneraient à atteindre 38’000 contaminations (palier de la Figure 6) et 580 décès (palier de la Figure 7). Cependant, à l’instar de l’anthropologue qui donne la taille d’un individu sur la base de fragments de son squelette, les extrapolations sont d’autant plus hasardeuses que les fragments d’histoire connus sont petits et que les projections vers le futur sont grandes.

LA SITUATION DES CAS TESTÉS POSITIFS

Détails de l’actualité hebdomadaire

La Figure 8 montre l’évolution hebdomadaire du nombre de tests positifs, de décès de personnes infectées, de patients rétablis et de ceux en soin (les nouveaux dans le graphique de gauche et leur cumul à droite).

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Figure 8 Evolution hebdomadaire des testés positifs et de leur devenir (nouveaux cas à gauche et cumul leur à droite)

Il se confirme 5’259 nouveaux cas face aux 3’042 de la semaine précédente. Le nombre de personnes en soin a lui aussi augmenté de +3’193 face à +1’487 la semaine précédente, mettant une pression inégalée sur les soignants et leurs infrastructures (cumul de 6’720 cas actifs). Même lorsque le nombre de cas actifs avait dépassé la capacité d’accueil en lits mis en service pour COVID-19 (3’000) entre le 20/4 et le 17/5 puis entre le 22/6 et le 12/7, la très large majorité des personnes infectées étaient asymptomatiques et ne nécessitent qu’un isolement sans hospitalisation : initialement 70 à 80% des cas selon les déclarations du Directeur de l’Epidémiologie au Ministère de la Santé et sans doute autour de 95% depuis l’accélération des tests. Ceci fait que la capacité du Maroc en lits dédiés n’a jamais été saturée, loin de là (90 personnes en soins intensifs ce dimanche 02/08), et que nos médecins n’ont encore jamais été mis devant le difficile choix de priorité des patients à mettre en soins intensifs.

La Figure 9 montre quelques pourcentages qui méritent commentaire.

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Figure 9 Evolution hebdomadaire et journalière de quelques pourcentages intéressants

Le graphique de droite de la Figure 9 montre qu’en correspondance avec la nouvelle croissance du taux des cas actifs durant la dernière semaine (cercles oranges), il y décroissance du pourcentage des rétablis (triangles violets).

Au stade actuel, la Figure 9 combinée aux autres informations enseignent les choses suivantes :

  • Les statistiques actuelles indiquent que les porteurs de COVID-19 du Maroc ont 1.50 de chance d’en mourir, en moyenne et abstraction faite de toute faiblesse qui causerait une aggravation de ce risque. Ce taux de décès de tous les testés positifs décroît de façon lente mais monotone depuis le 12 avril même à l’échelle journalière, comme montré par la courbe rouge du graphique de droite de la Figure 9.
  • Dès lors qu’il y a suffisamment de critères que les protocoles hospitaliers ou les accords de test considèrent un individu comme étant “suspect à tester” (pour entourage ou pour symptômes), il y a :
    • environ 1.9% de chance d’être porteur de COVID-19, chiffre qui semble remonter légèrement après s’être stabilisé mais son évolution devrait continuer à croître comme montré par la courbe verte dans le graphique de droite de la Figure 9,
    • environ 0.029 % de chance d’en mourir, ce chiffre a, lui aussi, une tendance à baisser depuis la première semaine d’avril (de 1.44 à 0.029% stable depuis près d’un mois).

La baisse de la létalité est sans doute due au succès des protocoles de soin adoptés au Maroc.

Tout en ayant un nombre de tests journaliers élevé, le pourcentage des personnes testées positives chaque jour a une tendance baissière depuis fin mars, comme montré par la courbe bleue du graphique de gauche de la Figure 10 (l’échelle bleue de gauche est logarithmique de sorte que chaque carreau correspond à une multiplication par 10). Comment atteindre zéro infection ? – Cherchons la réponse dans les propos du Pr. Didier Raoult qui, courbe en main, a dit : “La courbe [de contamination] est une courbe en cloche… les épidémies commencent, s’accélèrent, culminent, diminuent puis disparaissent sans qu’on sache pourquoi“. Il faut interpréter ce que ceci signifie dans la bouche de quelqu’un qui a vu plus de nombreuses courbes de contamination épidémique. “Ne pas savoir pourquoi elles disparaissent” traduit l’incompatibilité entre les théories mathématiques pour qui, en fin de parcours, les “courbes en cloche” diminuent progressivement sans jamais s’annuler alors que les courbes de contamination réelles subissent bien un jour une dégringolade “chaotique” à zéro puisque les épidémies par s’arrêtent dès lors que les derniers porteurs n’ont pu communiquer le virus à un hôte non-immunisé.

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Figure 10 Montée du nombre de tests et baisse du taux de positivité (à gauche) – Evolution du taux de reproduction (à droite)

Le graphique de droite de la Figure 10 montre le taux de progression de l’infection. Toutefois, il faut bien se méfier de ce taux de progression car l’Encyclopédie Wikipédia en dit que : “La relation entre le taux de reproduction et le seuil d’immunité collective repose sur un calcul qui n’est valide que dans une population bien mélangée. En revanche, les relations au sein de populations importantes sont mieux décrites par des ‘clusters’, dans lesquels la maladie ne peut se transmettre qu’entre pairs et voisins.“

Évolution globale

Le graphique de gauche de la Figure 11 montre l’évolution historique du nombre de porteurs de COVID-19 et de leur segmentation en décès, rétablis et actifs (en cours de soin) alors que le graphique de droite montre l’évolution de la segmentation des ces testés positifs. La courbe blanche du graphique de droite montre aussi l’évolution du pourcentage des tests positifs (échelle de droite).

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Figure 11 Evolution historique et prospective des testés positifs et de leur devenir

Avant cette “deuxième vague”, nos prévisions indiquaient que l’on aurait cumulé 8’964 cas de contamination (7’831 selon un rapport du HCP) alors que, dimanche 02/08, nous en sommes déjà à 25’539 et nous serions sans doute à même de dépasser 38’000 cas à terme, ajoutant plus 30’000 cas additionnels dus à des foyers qui auraient sans doute pu être circonscrits plus tôt si on avait anticipé l’accélération de la cadence des tests.

Dans notre premier rapport hebdomadaire de début avril, nous rappelions déjà qu’“une hirondelle ne fait pas le printemps” et les évolutions relatives des autres pays nous enseignent que l’on peut même avoir un taux de reproduction en-dessous de l’unité tout en ayant encore des centaines ou même des milliers de nouveaux cas par jour qui pourraient faire repartir l’épidémie en cas de relâchement. Même si les taux de positivité sont sans doute suffisamment bas pour, à mon humble avis, reprendre sérieusement l’activité économique et laisser les gens retourner gagner leur vie le plus normalement possible, il est nécessaire de faire ce qu’il faut pour “vivre avec ce virus”. Il faut aussi montrer un minimum de visibilité aux entrepreneurs pour permettre aux gens de gagner leur vie ! La vie humaine n’a certes pas de prix, mais elle a un coût dont les composantes humaines commencent à devenir insupportables ! Espérons aussi que toute la lumière sera faite sur les affaires de “méga-clusters” du Gharb et de Safi et que tous les responsables seront jugés et sévèrement punis au moins pour mise en danger volontaire de la vie d’autrui. L’enquête qui été confiée à la Direction Centrale de la Gendarmerie Royale a déjà abouti à des mises en examen et il faudrait mettre les mis en cause en détention préventive pour les empêcher de “liquider” leur biens et se mettre préventivement en situation d’insolvabilité.

Doit-on rappeler qu’on peut être porteur asymptomatique du COVID-19 (sans aucun symptôme) et le transmettre à toutes les personnes approchées sans précautions, or, à l’instar de beaucoup d’autres pays, le Maroc n’a aucune connaissance du nombre réel de personnes infectées.

Les bons chiffres de certaines semaines n’étaient là que parce le confinement avait fortement ralenti la transmission du virus. Les chercheurs nous répètent que la peau de ce virus est faite d’une huile qui est diluée par les savons, qu’il se transmet à la bouche, au nez et aux yeux par la salive ou les postillons qui, sans projection (toux), se projettent à moins d’un mètre tout en sachant qu’il ne dure pas plus de quelques heures sur une surface inerte. En comprenant bien ceci, on saura ce qu’il reste à faire si l’on veut éviter de s’exposer et surtout exposer autrui au risque de mortalité. Maintenant, “sortir du hammam (du confinement) n’est pas aussi simple que d’y rentrer” dit le dicton marocain mais on est en train de trouver un moyen de nous en sortir puisque le proverbe ne dit pas que c’est impossible ! Mais pourquoi n’a-t-on pas accéléré les tests quelques semaines plus tôt ? Sans doute aurions-nous pu dépister ceux qui ont infecté ceux que nous détectons actuellement.

Dans le concert des Nations, les chiffres marocains sont souvent à la traîne et nous voudrions ne pas changer nos habitudes en nous en sortant avec de faibles cas de contamination et de décès par million d’habitant. Ainsi, nous pourrons pour une fois, une fois seulement, paraphraser Jacques Brel : “Être une heure, rien qu’une heure durant, Beau, beau, beau et con à la fois !“

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mercredi 22 juillet 2020

Vingt semaines de Covid-19 au Maroc : nouvelles simulations et prévisions de la “deuxième vague” de l’épidémie


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Ayant approché le total d’un million de tests, la semaine du 12/06 au 19/07 est marquée par une poursuite de l’amélioration de la situation de ce qu’il faut bien appeler la “deuxième vague” de contamination : baisse du nombre hebdomadaire du taux de contaminations et du nombre de contaminés le tout accompagné d’une augmentation des rétablis, en nombre et en pourcentage. Les données supplémentaires collectées sur la “deuxième vague” permettent maintenant de présenter des simulations ainsi que des prévisions pour les prochaines semaines.
Toutes les données ont été quotidiennement mises à jour auprès du site du Ministère de la Santé du Maroc.

LES TESTS ET LEURS RESULTATS

Détails de l’actualité hebdomadaire

Depuis huit semaines maintenant, le Maroc ne se limite plus au test des cas “fortement suspects“. Maintenant, on parle de “tests précoces” pour les personnes suspectes (symptomatiques ou positifs et leurs contacts) mais aussi de “tests d’anticipation” qui se font dans les milieux professionnels.
Le Directeur de l’Epidémiologie au Ministère de la Santé avait évoqué un programme visant à atteindre 1,8 millions de tests qui toucheraient donc 5% de la population, sans doute vers fin Août – début Septembre 2020. Ceci dit, même la définition des cas “fortement suspects” avait changé depuis la semaine du 18/05 puisqu’on a pu quasiment y doubler le nombre de tests hebdomadaires. L’évolution des tests réalisés chaque semaine (bleu clair) ainsi que celle de leur total (bleu roi) sont montrées en Figure 1 (l’échelle est logarithmique de sorte que chaque carreau représente une multiplication par dix).
Depuis début juin, le nombre de nouveaux tests hebdomadaires se maintient maintenant à une vitesse de croisière entre cent et cent trente mille par semaine (130’700 la semaine du 13 au 19/7) en atteignant un total dépassant maintenant le million de tests (1’009’326). Nous ne pouvons que saluer de nouveau les performances hebdomadaires réalisées qui représentent un réel effort de la part de plusieurs acteurs pour identifier, parfois appréhender, prélever et tester les personnes concernées.

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Figure 1 Evolution hebdomadaire du nombre de tests

Le graphique de gauche de la Figure 2 montre l’évolution du nombre de tests et de leurs résultats alors que le graphique de droite en montre la structure. La courbe bleue se rapportant à l’échelle de droite du graphique de droite montre l’évolution de la part de la population marocaine testée qui, après avoir dépassé 1% le mercredi 03/06, s’approche de 2.8% ce dimanche 19/07. Nous n’adhérons pas du tout au principe de l’autruche qui consisterait à “faire moins de tests pour faire baisser le nombre de cas” (D. Trump), bien au contraire, plus il y en aura, plus on isolera de porteurs susceptibles de contaminer leurs contacts.

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Figure 2 Evolution du nombre de tests et de leurs résultats

Les nouvelles simulations et prévisions la “deuxième vague” maintien des conditions actuelles

Jugeant déraisonnable de simuler directement le nombre de cas positifs dès lors que la cadence des tests avait augmenté aussi vite qu’indiqué par la Figure 1, nous avons indiqué avoir changé la méthode de prévision dans le rapport de la quinzième semaine. Ainsi, nous avions appliqué la “fonction Gamma” (qui permet de traiter des cinétiques différentes en montée et en descente de l’infection) au taux de positivité quotidien, c’est-à-dire au pourcentage des tests ayant donné un résultat positif, et non plus directement au nombre de cas positifs. Jusqu’à présent, nous ne l’avions adopté que pour la “première vague” mais nous avons ajouté une deuxième “fonction Gamma” pour décrite la “deuxième vague”.

La simulation ainsi du taux de positivité par les deux “fonctions Gamma” (courbe rouge) est confrontée aux valeurs réelles (diamants rouges) dans la Figure 3 qui révèle les aspects journalier (à gauche) et hebdomadaire (à droite) de cette confrontation. Les carrés bleus du graphique de gauche montrent le taux de positivité global alors que la courbe bleue en montre la simulation.

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Figure 3 Taux de positivité : Journalier à gauche en échelle normale (bleu) et log (rouge) et hebdomadaire à droite en échelle log

La représentation logarithmique permet de voir que, jusque vers le 14 ou 15 juin (“première vague”), la méthode de simulation adoptée était aussi satisfaisante aux grandes valeurs (entre 20 et 30%), qui prévalaient au début de l’épidémie, qu’aux très faibles valeurs de taux de positivité (inférieures à 1%), qui ont été relevées depuis l’accélération de la cadence de test entre 25 mai et le 13 juin. Dans le graphique de droite, le traitement hebdomadaire permet de lisser les oscillations journalières et de mieux apprécier la qualité de la méthode de simulation durant “première vague”. Force est de constater la zone mise en évidence par une ellipse qu’il faut bien désigner par “deuxième vague”. Le taux de positivité hebdomadaire a légèrement baissé de 1,92% à 1,35% les deux dernières semaines.

Suite à l’ajout de la 2ème “fonction Gamma” au taux de positivité, il a fallu aussi ajouter une 2ème “fonction Gamma” pour décrire les décès ainsi qu’une 2ème “fonction de Gauss” pour décrire les rétablissements. La Figure 4 permet de voir l’accord satisfaisant entre les valeurs simulées et les valeurs réelles. L’extrapolation des simulations d’aujourd’hui mèneraient à terme près de 19’000 contaminations et 300 décès ainsi qu’à un nombre de cas actifs en dessous de 500 (minimum atteint en début juin) dès la première semaine d’Août.

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Figure 4 Valeurs réelles et simulations : nombre de cas, rétablis et de décès (gauche) et cas actifs (droite)

Il nous semble important de noter que, bien que le saut du taux de positivité de la “deuxième vague” soit beaucoup plus petit (près de dix fois moins) que celui de la “première vague” (graphique de gauche de la Figure 3), le saut du nombre de cas de la “deuxième vague” sera équivalent à celui de la “première vague” (graphique de gauche de la Figure 4), à cause d’un nombre de tests beaucoup plus important pendant la “deuxième vague”.

Le graphique de gauche de la Figure 5 montre la carte de répartition géographique des cas sur les différentes Régions du Maroc alors que le graphique de droite montre leur classement en termes de contamination. Les couleurs des points de la carte indiquent le nombre de cas par million d’habitants alors que les chiffres entre parenthèses y indiquent les nouveaux cas hebdomadaires. A l’échelle de la semaine dernière, les Régions où le nombre de cas s’est accru substantiellement sont : Tanger-Tetouan-Al Hoceïma (+460), Casablanca-Settat (+270), Fès-Meknes (+237), Marrakech-Safi (+231) et Layoune-Sakia El Hamra (+145).

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Figure 5 Répartition régionale (gauche) et classement (droite) des cas positifs au COVID-19 au Maroc
Alors que le graphique de droite montre un classement des Régions par le nombre total de contaminations, le graphique inséré dans la carte de gauche de la Figure 5 montre le classement de l’impact de ces contaminations sur les différentes Régions du Maroc. La population 2020 de chacune des 12 Régions du Maroc a été prise dans un document du HCP se basant sur une prévision au départ des données du recensement de 2014.

Le graphique de gauche de la Figure 6 montre l’évolution dans le temps des cas positifs dans les différentes Régions alors que le graphique de droite montre l’évolution du pourcentage de chaque Région.

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Figure 6 Evolution du nombre de cas par Région (gauche) et de celle de sa structure (droite)

Le graphique de gauche de la Figure 6 montre qu’en fait le nombre de positifs de plusieurs Régions a connu des “sauts” dus à la découverte de foyers épidémiques : Darâa-Tafilalet aux 20-26 avril, Guelmim-Oued Noun aux 22-26 avril, Rabat-Salé-Kénitra aux 03-13 mai et 18-20 juin, Laâyoune-Sakia El Hamra les 20-26 juin, Tanger-Assila les 23-26 juin. Il est vrai que certains ont influencé significativement le taux de positivité national, même si le saut du nombre de contaminations le plus spectaculaire a été celui Laâyoune-Sakia El Hamra. Les “méga-foyers” de cette “deuxième vague” semblent être significativement circonscrits, puisque nous retrouvons une décroissance du taux de positivité mais rien n’indique encore que nous soyons à l’abri compte tenu de la durée d’incubation du virus et de la difficulté à identifier toutes les personnes qui auraient pu être infectées par les membres déjà contaminés dans ces “méga-clusters”.

Le graphique de droite de la Figure 6 montre que depuis début mai, la moitié des Régions concentrent la quasi-totalité (plus de 90%) des cas positifs : Casablanca-Settat, Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, Marrakech-Safi, Rabat-Salé-Kénitra, Fès-Meknès et Darâa-Tafilalet. Quant aux Régions de Darâa-Tafilalet, Souss-Massa, l’Oriental et Dakhla-Oued Ed-Dahab, elles n’ont déclaré que quelques rares cas parfaitement isolés. Ainsi donc, l’essentiel de ce qui se produit actuellement au Maroc se joue dans les 5 Régions de Casablanca, Tanger, Marrakech, Rabat et Fès-Meknès.

LA SITUATION DES CAS TESTÉS POSITIFS

Détails de l’actualité hebdomadaire

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La Figure 7 montre l’évolution hebdomadaire du nombre de tests positifs, de décès de personnes infectées, de patients rétablis et de ceux en soin (les nouveaux dans le graphique de gauche et leur cumul à droite).

Il se confirme 1’491 nouveaux cas face à 1’530 la semaine précédente. Le nombre de personnes en soin a lui aussi continué à baisser (-1’170) à 2’042, même plus rapidement que la semaine précédente, allégeant de nouveau la pression sur les soignants et leurs infrastructures. Même lorsque le nombre de cas actifs avait dépassé la capacité d’accueil en lits mis en service pour COVID-19 (3’000) entre le 20/4 et le 17/5[4] puis entre le 22/6 et le 12/7, la très large majorité des personnes infectées étaient asymptomatiques et ne nécessitent qu’un isolement sans hospitalisation : initialement 70 à 80% des cas selon les déclarations du Directeur de l’Epidémiologie au Ministère de la Santé et sans doute autour de 95% depuis l’accélération des tests. Ceci fait que la capacité du Maroc en lits dédiés n’a jamais été saturée, loin de là, et que nos médecins n’ont encore jamais été mis devant le difficile choix de priorité des patients à traiter.

Le graphique de droite de la Figure 7 montre qu’en correspondance avec la décroissance du taux des cas actifs durant la dernière semaine, nous confirmons la croissance du pourcentage des rétablis, ce qui est une excellent nouvelle aussi.

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La Figure 8 montre quelques pourcentages qui méritent commentaire.

Au stade actuel, la Figure 8 combinée aux autres informations enseignent les choses suivantes :
  • Les statistiques actuelles indiquent que les porteurs de COVID-19 du Maroc ont 1.58% de chance d’en mourir, en moyenne et abstraction faite de toute faiblesse qui causerait une aggravation de ce risque. Ce taux de décès de tous les testés positifs décroît de façon lente mais monotone depuis le 12 avril même à l’échelle journalière, comme montré par la courbe rouge du graphique de droite de la Figure 8.
  • Dès lors qu’il y a suffisamment de critères que les protocoles hospitaliers ou les accords de test considèrent un individu comme étant “suspect à tester” (pour entourage ou pour symptômes), il y a :
    • environ 1.71% de chance d’être porteur de COVID-19, chiffre qui semble se stabiliser autour de cette valeur mais son l’évolution ne devrait plus suivre notre ancienne prospective de ce pourcentage qui est montrée par la courbe verte dans le graphique de droite de la Figure 8,
    • environ 0.027 % de chance d’en mourir, ce chiffre a, lui aussi, une tendance à baisser depuis la première semaine d’avril (de 1.44 à 0.027%). Cette forte baisse de la mortalité ne peut être due qu’au succès des protocoles de soin adoptés au Maroc.
Selon nos dernières estimations la courbe verte dans le graphique de droite de la Figure 8 semble maintenant converger vers 1.7% si le nombre de tests est extrapolé à l’infini, ce qui indique que, testés ou non, symptomatiques ou pas, près de 600’000 habitants auront été contaminés d’ici là.

Tout en ayant un nombre de tests journaliers élevé, le pourcentage des personnes testées positives chaque jour a une tendance baissière depuis fin mars, comme montré par la courbe bleue du graphique de gauche de la Figure 9 (l’échelle bleue de gauche est logarithmique de sorte que chaque carreau correspond à une multiplication par 10). Comment atteindre zéro infection ? – Cherchons la réponse dans les propos du Pr. Didier Raoult qui, courbe en main, a dit : “La courbe [de contamination] est une courbe en cloche… les épidémies commencent, s’accélèrent, culminent, diminuent puis disparaissent sans qu’on sache pourquoi“. Il faut interpréter ce que ceci signifie dans la bouche de quelqu’un qui a vu plus de nombreuses courbes de contamination épidémique. “Ne pas savoir pourquoi elles disparaissent” traduit l’incompatibilité entre les théories mathématiques pour qui, en fin de parcours, les “courbes en cloche” diminuent progressivement sans jamais s’annuler alors que les courbes de contamination réelles subissent bien un jour une dégringolade “chaotique” à zéro puisque les épidémies par s’arrêtent dès lors que les derniers porteurs n’ont pu communiquer le virus à un hôte non-immunisé.

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Figure 9 Montée du nombre de tests et baisse du taux de positivité (à gauche) – Evolution du taux de reproduction (à droite)

Le graphique de droite de la Figure 9 montre le taux de progression de l’infection. Toutefois, il faut bien se méfier de ce taux de progression car l’Encyclopédie Wikipédia[5] en dit que : “La relation entre le taux de reproduction et le seuil d’immunité collective repose sur un calcul qui n’est valide que dans une population bien mélangée. En revanche, les relations au sein de populations importantes sont mieux décrites par des ‘clusters’, dans lesquels la maladie ne peut se transmettre qu’entre pairs et voisins.“

Évolution globale

Le graphique de gauche de la Figure 10 montre l’évolution historique du nombre de porteurs de COVID-19 et de leur segmentation en décès, rétablis et actifs (en cours de soin) alors que le graphique de droite montre l’évolution de la segmentation des ces testés positifs. La courbe blanche du graphique de droite montre aussi l’évolution du pourcentage des tests positifs (échelle de droite).

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Figure 10 Evolution historique et prospective des testés positifs et de leur devenir

Si l’on n’avait pas connu cette “deuxième vague”, nos prévisions nous portaient à croire que l’on cumulerait environ à 8’964 cas de contamination (7’831 selon le dernier rapport du HCP[6]) alors que nous en sommes déjà à 17’236 avec les chiffres des 4 dernières semaines et nous serions sans doute à même de dépasser 19’000 cas à terme, ajoutant plus 8’000 cas additionnels dus à des foyers qui auraient pu être circonscrits plus tôt si on avait accéléré plus tôt la cadence des tests. Les graphiques des nombres hebdomadaires de nouveaux cas et de cas actifs sont montrés dans la Figure 11.

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Figure 11 Nombres hebdomadaires réels et estimés de contaminés (vert), et de cas actifs (orange).

Dans notre premier rapport hebdomadaire, nous rappelions qu’“une hirondelle ne fait pas le printemps” et les évolutions relatives des autres pays nous enseignent que l’on peut même avoir un taux de reproduction en-dessous de l’unité tout en ayant encore des centaines ou même des milliers de nouveaux cas par jour qui pourraient faire repartir l’épidémie en cas de relâchement. Mais maintenant, les taux de positivité sont suffisamment pour, à mon humble avis, reprendre sérieusement l’activité économique et laisser les gens retourner gagner leur vie le plus normalement possible en faisant ce qu’il faut pour “vivre avec ce virus”. Il faut aussi montrer un minimum de visibilité à tous, aux entrepreneurs, certes, mais aussi à nos millions de compatriotes qui souhaitent rentrer au pays pour des vacances bien méritées : accepter leurs subsides sans vouloir d’eux est tout simplement une honte ! La vie humaine n’a certes pas de prix, mais elle a un coût dont les composantes humaines commencent à devenir insupportables ! Quant aux marocains qu’on a empêché de retourner dans leur pays pendant des mois, j’espère bien que cette affaire n’en restera pas là… J’espère aussi que toute la lumière sera faite sur cette affaire de “méga-cluster” du Gharb et que tous les responsables seront jugés et très sévèrement punis au moins pour mise en danger volontaire de la vie d’autrui. L’enquête aurait été confiée à la Direction Centrale de la Gendarmerie Royale qui devrait, dès que possible, mettre les mis en cause en détention préventive pour les empêcher de “liquider” leur biens et se mettre préventivement en situation d’insolvabilité.

Doit-on rappeler qu’on peut être porteur asymptomatique du COVID-19 (sans aucun symptôme) et le transmettre à toutes les personnes approchées sans précautions, or, à l’instar de beaucoup d’autres pays, le Maroc n’a aucune connaissance du nombre réel de personnes infectées.

Les bons chiffres de certaines semaines n’étaient là que parce le confinement avait fortement ralenti la transmission du virus. Les chercheurs nous répètent que la peau de ce virus est faite d’une huile qui est diluée par les savons, qu’il se transmet à la bouche, au nez et aux yeux par la salive ou les postillons qui, sans projection (toux), se projettent à moins d’un mètre tout en sachant qu’il ne dure pas plus de quelques heures sur une surface inerte. En comprenant bien ceci, on saura ce qu’il reste à faire si l’on veut éviter de s’exposer et surtout exposer autrui au risque de mortalité. Maintenant, “sortir du hammam (du confinement) n’est pas aussi simple que d’y rentrer” dit le dicton marocain mais on est en train de trouver un moyen de nous en sortir puisque le proverbe ne dit pas que c’est impossible ! Mais pourquoi n’a-t-on pas accéléré les tests quelques semaines plus tôt ? Sans doute aurions-nous pu dépister ceux qui ont infecté ceux que nous détectons actuellement.

Dans le concert des Nations, les chiffres marocains sont souvent à la traîne et nous voudrions ne pas changer nos habitudes en nous en sortant avec de plus faibles de cas positifs et de décès par million d’habitant. Ainsi, nous pourrons pour une fois, une fois seulement, paraphraser Jacques Brel : “Être une heure, rien qu’une heure durant, Beau, beau, beau et con à la fois !“


Saisie de cannabis, tabacs en feuilles et de boissons alcoolisées à Ouled Taïma et Had Soualem

Quelque 400 kg de cannabis et 100 kg de tabac en feuilles ont été saisis, samedi dernier, lors d’une descente policière dans un appa...