Des migrants sub-sahariens encadrés par les forces de la Gendarmerie royale en 2005. ABDELHAK SENNA/AFP
Le gouvernement de Pedro Sánchez a contacté le Maroc
pour savoir ce dont il a besoin pour contenir la vague migratoire de
migrants marocains et subsahariens dont la recrudescence inquiète
Madrid. Le ministère de l'Intérieur n'a pas hésité à répondre à
l'Espagne qui a transmis les doléances de Rabat à Bruxelles dans
l’espoir d’un soutien financier
« Le gouvernement espagnol a demandé au Maroc ce dont il a besoin pour contenir la migration irrégulière », selon le journaliste Ignacio Cembrero qui s’exprimait sur les ondes de La Sexta.
« Le Maroc a répondu en demandant des moyens d’une valeur de 60
millions d’euros, y compris des hélicoptères, pour contenir
l’immigration irrégulière. L’Espagne a déjà transmis cette liste de
doléances à Bruxelles, en espérant que l’UE prendra en charge les
dépenses », a révélé Cembrero lors de son intervention télévisée.
Algésiras, nouveau Lampedusa
Le Maroc a élaboré une longue liste de besoins et ressources,
notamment des véhicules, des hélicoptères, des équipements anti-émeutes
et des radars, d’une valeur de 60 millions d’euros pour contenir la
migration irrégulière.
La ministre espagnole Grande-Marlaska a déjà transmis la liste à Bruxelles, « avec l’espoir que l’UE soit prête à payer la facture », selon Cembrero.
Les autorités marocaines insistent sur le fait qu’elles font tout
leur possible pour faire face à la vague migratoire exceptionnelle
illustrée dernièrement par le violent assaut massif de la clôture de Ceuta
par quelque 800 migrants qui ont tenté de traverser la frontière usant
de jets d’excréments et de la chaux vive, et même des cocktails Molotov.
José Ignacio Landaluce, maire d’Algésiras, a d’ailleurs affirmé que sa ville est « en train de devenir le nouveau Lampedusa »,
faisant référence à l’île italienne proche des côtes tunisiennes et
libyennes devenue symbole du désastre humanitaire en Méditerranée.
Les services de secours de l’Andalousie sont débordés par l’arrivée des migrants. « Algeciras a besoin du même engagement qu’ailleurs en Europe »,
a affirmé le sénateur du Parti populaire et maire d’Algésiras, cité par
La Sexta, qui demande plus de ressources pour faire face à la crise
migratoire.