
Abdellatif Loudiyi, ministre délégué auprès du chef du gouvernement chargé de l'administration de la défense nationale.
L'instauration du service militaire obligatoire coûtera 500 MDH en 2019,
apprend-on en décortiquant le rapport relatif aux débats sur le budget
de la Défense, en commission parlementaire. Ce débat s'est tenu comme
chaque année à l'occasion de l'examen du projet de loi de Finances. Ce
budget tient compte du fonctionnement, des salaires et indemnités des
conscrits et enfin des centres de formation qui seront créés.
Comme tous les départements ministériels, l'administration de la Défense
nationale est passée par la case du parlement pour présenter et
discuter son projet de budget pour l'année 2019.
Devant les membres de la commission des affaires étrangères, de la
défense nationale, des affaires islamiques et des MRE, le ministre
délégué chargé de l'administration de la défense nationale, Abdellatif
Loudiyi, a fait une présentation de la ventilation du budget de son
département ainsi que des priorités pour l'année prochaine.
Le budget de ce département stratégique connaît une légère hausse (2,3%) en passant de 34,3 MMDH en 2018 à 35,1 MMDH en 2019.
Le ministre a exposé aux élus le référentiel sur lequel s'est basée la construction de ce budget :
- La poursuite du renforcement et de la modernisation des plans
préventifs de défense et de sécurité des Forces armées royales pour
protéger la souveraineté nationale, défendre l'intégrité territoriale et
la stabilité du pays et renforcer la surveillance des frontières tout
en continuant à participer activement aux opérations de maintien de la
paix.
- Le soutien aux projets sociaux en faveur des membres des forces armées
et l'amélioration des conditions de vie des militaires et de leurs
familles.
- La définition des priorités et le maintien de l'équilibre entre les
capacités qu'offre le budget de l'administration de la défense nationale
et les besoins croissants imposés par les missions grandissantes des
membres des Forces armées royales.
69% de ce budget global, soit 24,3 MMDH, sera consacré aux dépenses du
personnel avec une augmentation de 1,7% par rapport à 2018. Ce montant
permettra de :
- Couvrir les salaires et indemnités de 9.000 nouveaux postes
budgétaires qui seront créés. Une grande partie de ces nouveaux postes
servira à combler les besoins en hommes des nouvelles unités militaires
créées ainsi que pour renforcer la surveillance des frontières
terrestres, aériennes et maritimes du royaume. L'objectif est également
de fournir des ressources humaines supplémentaires pour la couverture de
toutes les provinces et régions du royaume par de nouvelles brigades de
la Gendarmerie royale.
- Régler la situation administrative des militaires et fonctionnaires
civils à l'occasion de leur promotion au titre de l'année 2019.
- Couvrir les salaires et indemnités des conscrits au titre du service militaire obligatoire.
Le reste du budget sera réservé au matériel, maintenance et dépenses diverses (6 MMDH) et aux équipements (4,8 MMDH).
L'administration de la Défense nationale va consacrer le budget de fonctionnement et autres dépenses aux :
- Maintenance et réparation des équipements et appareils.
- Redevances d'eaux, d'électricité et télécoms, dépenses de carburants et de déplacement des militaires.
- Dépenses de location des maisons de fonction pour les membres de la Gendarmerie royale.
- Dépenses de fonctionnement au profit des Forces armées royales.
- Dépenses de formation militaire et formation continue au profit des
Forces armées royales et de la Gendarmerie royale. En 2018, plus de
19.500 stagiaires, dont les membres des forces auxiliaires, ont
bénéficié de formation militaire de base et continue.
- Achats de médicaments et produits pharmaceutiques.
- Subventions programmées au profit des hôpitaux militaires et la
fondation Hassan II pour les œuvres sociales des anciens militaires et
anciens combattants.
L'enveloppe budgétaire réservée aux équipements servira essentiellement à :
- L'achat d'équipements, armes, et munitions au profit des Forces armées royales et la Gendarmerie royale.
- La réparation et la maintenance de l'équipement militaire notamment
les unités flottantes, les hélicoptères ainsi que les avions dont les
avions anti-feu.
- La poursuite des chantiers de la construction et de l'équipement de nouveaux centres de la gendarmerie royale.
- La construction et l'équipement des centres de formation pour les conscrits dans le cadre du service militaire obligatoire notamment à Kasba Tadla et à El Hajeb.
Construction de 80.000 logements
Le programme de construction de 80.000 logements tire à
sa fin. Il sera probablement achevé en 2019, au vu du taux
d'avancement. Il comporte 20.000 logements de fonction et 60.000
logements destinés à la propriété. Les membres des FAR acquéreurs de ces
logements percevront une aide de l'Etat plafonnée à 50.000 DH par
logement. La contribution de l'Etat à ce programe de construction
s'élève à 3,7 MMDH.
On apprend également que l'hôpital de campagne marocain déployé à la frontière jordano-syrienne a délivré 1,4 million de prestations entre 2012 et le 19 octobre 2018. L'hôpital marocain de campagne déployé à Gaza a de son côté délivré 41.000 prestations entre le 12 juin et le 19 octobre 2018.
Les hôpitaux de campagne de Chichaoua et de Tinghir ont respectivement délivré 41.000 et 20.000 prestations en 2017 et 2018.
Dans le même cadre de l'assistance internationale humanitaire, le Maroc participe avec 2.120 personnes des FAR aux forces onusiennes de maintien de la paix en Centrafrique et au Congo démocratique, ce qui en fait le 12e contributeur mondial.