mercredi 13 juin 2018

Qualité du lait: Peut-on faire confiance à l’ONSSA?


Qualité du lait: Peut-on faire confiance à l’ONSSA?

Pas de hasard en politique. A la veille de la réunion de la Commission parlementaires des secteurs productifs qui a permis au ministre de l’Agriculture de rassurer quant au soutien que l’Etat entend apporter aux petits producteurs, rendus vulnérables par la campagne de boycott de Centrale Danone (l’opérateur français ayant choisi de réduire de 30% ses approvisionnements auprès des éleveurs), l’ONSSA a choisi de sortir de son hibernation. En assurant, via un communiqué, que les produits laitiers fabriqués au niveau national « font l’objet d’un contrôle rigoureux tout au long de la chaîne de production, depuis l’élevage jusqu’aux points de vente ». Ces derniers, précise le communiqué, « font également l’objet de contrôles pour s’assurer du respect de la chaîne de froid et de la conformité de l’étiquetage » qui ajoute que tout produit non conforme est saisi et détruit. Des produits périmés peuvent toutefois être retrouvés dans les épiceries et les grandes surfaces. Et pour faire bonne figure, l’Office rappelle que durant l’année dernière, 74.688 tonnes de produits laitiers ont été contrôlées à l’importation, dont 250 tonnes non conformes refoulées. À fin mai 2018, les contrôles à l’importation ont concerné 28.647 tonnes de produits laitiers, dont 150 tonnes non conformes…
Bien entendu, l’ONSSA a préféré éluder ce qui circule dans un rapport anonyme qui assure que des professionnels de l’industrie laitière auraient importé une marque de lait dont la conservation est assurée par un adjuvent qui n’est autre qu’un antibiotique. Comme les rédacteurs du communiqué n’ont pas du tout chercher à lever l’équivoque sur les affirmations selon lesquelles le leader national de lait, Centrale Danone en l’occurrence, met en vente du « lait végétal ». Pas de mise à point non plus quant aux pratiques imputées à Copag qui aurait fait le plein de lait en poudre pour fourguer du lait pasteurisé en quantités à ses consommateurs.
Pas de quoi étancher la soif des consommateurs… Voilà qui doit mettre la puce à l’oreille à d’autres services capables, eux, d’apporter toute la lumière sur la filière lait. La gendarmerie royale est outillée pour diligenter les enquêtes nécessaires et apporter tout l’éclairage sur un dossier où la santé des citoyens prime sur toute autre considération. Y compris celle qui consiste à permettre tout et n’importe quoi sur le marché pourvu que la pénurie ne soit pas le lot des Marocains.

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