
Pas de hasard en politique. A la veille de la réunion de la
Commission parlementaires des secteurs productifs qui a permis au
ministre de l’Agriculture de rassurer quant au soutien que l’Etat entend
apporter aux petits producteurs, rendus vulnérables par la campagne de
boycott de Centrale Danone (l’opérateur français ayant choisi de réduire
de 30% ses approvisionnements auprès des éleveurs), l’ONSSA a choisi de
sortir de son hibernation. En assurant, via un communiqué, que les
produits laitiers fabriqués au niveau national « font l’objet d’un
contrôle rigoureux tout au long de la chaîne de production, depuis
l’élevage jusqu’aux points de vente ». Ces derniers, précise le
communiqué, « font également l’objet de contrôles pour s’assurer du
respect de la chaîne de froid et de la conformité de l’étiquetage » qui
ajoute que tout produit non conforme est saisi et détruit. Des produits
périmés peuvent toutefois être retrouvés dans les épiceries et les
grandes surfaces. Et pour faire bonne figure, l’Office rappelle que
durant l’année dernière, 74.688 tonnes de produits laitiers ont été
contrôlées à l’importation, dont 250 tonnes non conformes refoulées. À
fin mai 2018, les contrôles à l’importation ont concerné 28.647 tonnes
de produits laitiers, dont 150 tonnes non conformes…
Bien entendu, l’ONSSA a préféré éluder ce qui circule dans un rapport
anonyme qui assure que des professionnels de l’industrie laitière
auraient importé une marque de lait dont la conservation est assurée par
un adjuvent qui n’est autre qu’un antibiotique. Comme les rédacteurs du
communiqué n’ont pas du tout chercher à lever l’équivoque sur les
affirmations selon lesquelles le leader national de lait, Centrale
Danone en l’occurrence, met en vente du « lait végétal ». Pas de mise à
point non plus quant aux pratiques imputées à Copag qui aurait fait le
plein de lait en poudre pour fourguer du lait pasteurisé en quantités à
ses consommateurs.
Pas de quoi étancher la soif des consommateurs… Voilà qui doit mettre
la puce à l’oreille à d’autres services capables, eux, d’apporter toute
la lumière sur la filière lait. La gendarmerie royale est outillée pour
diligenter les enquêtes nécessaires et apporter tout l’éclairage sur un
dossier où la santé des citoyens prime sur toute autre considération. Y
compris celle qui consiste à permettre tout et n’importe quoi sur le
marché pourvu que la pénurie ne soit pas le lot des Marocains.