Des négociations de paix sous haute surveillance. Ce mercredi après-midi, des barricades ont été dressées à l’entrée du chemin menant directement au Palais des congrès Mohammed VI où se déroulent les négociations de paix entre les parties en conflit en Libye. Toutes les voitures s’y dirigeant sont contraintes de s’arrêter et un maître-chien de la Gendarmerie Royale les fouille avec minutie. «C’est la première fois qu’on voit pareil renforcement des dispositifs sécuritaires autour du Palais des congrès», a commenté un journaliste qui a couvert les autres rounds de négociations. «La récente arrestation d’Algériens en possession d’armes et d’explosifs près de ce lieu pourrait expliquer cet état de fait. La vigilance et la précaution sont donc de mise», a-t-il ajouté.
Ces mêmes précautions expliquent également la vérification minutieuse des identités de tous les journalistes et l’obligation qui leur a été faite de disposer d’accréditations pour couvrir l’évènement.
Ce n’est finalement que vers 16 heures que le diplomate espagnol Bernardino León a annoncé le début des négociations lors du point de presse au cours duquel il a mis en exergue le fait que ce nouveau round entre les différentes parties libyennes est décisif et définitif.
« Nous espérons que les parties aborderont les négociations avec réalisme, qu’elles soient flexibles, généreuses et prêtes à faire des concessions », a-t-il dit en substance.
Il les a également mis en garde en affirmant que la patience des Libyens et de la communauté internationale « a des limites ».
Quelques heures plus tard, la délégation du Congrès national général (CNG), dit Parlement de Tripoli, a tenu une conférence de presse. Le chef de cette délégation, Saleh Makhzoume, a fustigé l'attaque ayant ciblé mercredi l'avion transportant les membres de sa délégation à leur départ de Tripoli à destination du Maroc, ajoutant que ce genre d'actes pourrait amener les négociateurs du CNG à revoir leur participation aux pourparlers.
Toutefois, il a réaffirmé l'engagement du Congrès national général pour une solution politique à la crise dans son pays, appelant l'autre partie à prendre des mesures pratiques à même de restaurer la confiance et à faire preuve de bonne foi pour faire aboutir les pourparlers. Il a, par ailleurs, remercié le Maroc pour ses positions soutenant le dialogue inter-libyen et condamné l’attaque qui a visé l’ambassade du Royaume à Tripoli.
Pour sa part, Mohamed Ali Chouaïb, chef de la délégation du Parlement internationalement reconnu, dit Parlement de Tobrouk, a affirmé, dans une déclaration à la presse, que ce round de négociations est « décisif », tout en remerciant le Maroc pour les efforts qu’il a déployés en vue d’aider les parties à parvenir à une solution politique à la crise libyenne.
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